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« Mobilisé déjà en 1934, à Belfort durant quinze mois, j’ai repris du service à 31 ans. Oui, le Reich était aux abois pour enrôler encore des recrues de mon âge. Parti le 11 novembre 1944 dans le Grenadier Ersatz Ausbildungsbatalion à Berlin-Spandau, j’ai assisté à de nombreux bombardements nocturnes et j’ai combattu sur le front à Landberg an der Warthe. J’ai déserté chez les Russes en habit allemand. Durant les marches forcées effectuées de jour comme de nuit, celui qui ne tenait pas la route en raison des privations de nourriture était tué. Il nous arrivait de soutenir l’un ou l’autre camarade pour qu’il puisse suivre. Plus d’une fois, au cours des haltes, un Russe éméché rentrait la nuit dans la grange, en criant : « Moi, mon frère kaputt, vous aussi kaputt ! »

Tambow : au commando de l’écluse, on n’enregistrait pas les malades, car on n’y trouvait que des vivants ou des morts ! J’ai travaillé cinq mois environ à l’écluse de Zninstroï. Au vu des conditions lamentables de l’existence, combien de fois ai-je eu envie de m’évader une seconde fois pour sortir des griffes de la captivité ? Hélas !

Quand j’entendais le chant libre des oiseaux, je devais refouler mes larmes. Voir mes camarades mourir autour de moi, quelle tristesse infinie ! Comment oublier la souffrance des jeunes captifs atteints de dysenterie ?

Ma pleurésie s’est apparemment résorbée pendant les corvées. Mais des séquelles ont été constatées à la radio, à mon retour à Paris. La gale, la dysenterie, les poumons bloqués ont fait partie de mon catalogue de gros maux.

Je suis resté des mois entiers dans les mêmes vêtements crasseux. Ma peau n’arrivait plus à respirer, elle ressemblait aux écailles de poisson, l’eau était si rare qu’on ne pouvait pas se débarbouiller un tant soit peu.

Sachant la guerre terminée, les nôtres dans l’anxiété, on apprenait que partout en Europe on fêtait la libération et nous, les oubliés, on crevait comme des chiens. Combien de camarades auraient pu être épargnés si, en France, les autorités avaient pensé à nous, les laissés pour compte ! Camarades enterrés nus, je pense à vous qu’on aurait pu sauver. J’étais un homme robuste, ce qui m’a permis de m’en sortir.

Parfois, j’entends encore les gens de l’Intérieur dire : « Il ne fallait pas partir ! » Belle incompréhension de leur part sur notre problématique régionale ! Mais les Allemands, qu’auraient-ils fait de mes parents, de maman qui pleurait nuit et jour ? Ma conscience et mon esprit de sacrifice m’ont dit de partir.

 

Je suis rentré et je remercie Dieu. J’essaie d’oublier et de pardonner. Edenté total, j’arrivai le dernier en novembre 1945, à la caserne Reuilly à Paris, avec les mêmes habits allemands que ceux obtenus au jour de mon enrôlement un an auparavant. »

Meistermann Henri, né en 1913


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